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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:17

FIEFS REUNIS

Hunaudaye, Plancoët et Montafilant

ORDRE ET DIVISION DU TRAVAIL

« J’ai faict icy un amas de fleurs étrangères, n’y ayant fourny du mien que le mince filet à les lier ».

« Montaigne »

Avec le château, y compris les droits de guet et de garde, les fiefs de Pléven et de Plédéliac et la forêt de la Hunaudaye, le vaste ensemble de la baronnie se composait : 1° des fiefs primitifs ; 2° de la châtellenie de Plancoët (Montafilant, Corseul, etc.) ; de Montbran et de sa foire, relevant de la châtellenie ; 3° du Chemin-Chaussé avec sa juridiction « sur les paroisses trop éloignées de Plancoët » ; 4° de droits de fondation et d’inféodation, à cause de Montafilant, sur Saint-Alban (son église et sa foire) ; 5° de droits de fondation et d’assemblée avec juridiction du Vaucler, à Saint-Jacques ; 6° des fiefs en Planguenoual, Pléneuf, Erquy et autres paroisses justiciables du siège du Chemin-Chaussé.

Tel sera l’ordre que nous suivrons dans la division de notre travail et que nous n’interromprons qu’en faveur de Lamballe, trop mêlé à l’histoire de nos châteaux pendant la Ligue pour que nous nous contentions d’avoir effleuré sa tour et ses clochers, du bout de l’aile, dans notre « Vol d’Oiseau ». Les sires de la Hunaudaye et du Vaucler avaient, en cette ville, leurs tombeaux en la chapelle des Augustins, une Abbaye de Saint-Denis de baronnie.


CHAPITRE IV

I

La châtellenie de Plancoët,
Annexe de la Hunaudaye

« Plancoët est une petite ville très longue, coupée par la rivière d’Arguenon, et dont partie est dans la paroisse de Corseul (Evêché de Saint-Malo), terminée de ce côté par la maison des Jacobins de Nazareth, fondée en 1648 par la dame de la Hunaudaye ».

Cette description, donnée au siècle dernier par le mandataire du comte de Rieux demande à être rectifiée et complétée. Il n’y a plus d’évêque à Saint-Malo, et Plancoët, qui est de l’arrondissement de Dinan, est soumis à l’autorité épiscopale de Saint-Brieuc. C’est un chef-lieu de canton, un port, toujours une petite ville, bien que sa population ne dépasse pas 2,215 habitants. Elle a perdu ses Jacobins, tout en conservant Nazareth ; en revanche, elle a le chemin de fer, et c’est une station entre Lamballe et Dinan.

Une grande route, ouverte en 1772, part de Lamballe, passant par Plancoët, pour aboutir à Saint-Malo.

Cette ville était, avant la Révolution, un centre judiciaire assez considérable, vu le nombre de paroisses en ressortissant. Son greffe était même « de très bon rapport » pour le baron de la Hunaudaye, ainsi que les notes de 1781 en font foi.

Le château de Plancoët fut rasé en 1389 par ordre du duc de Bretagne. Avant 1750, on voyait encore une tour carrée qui devait défendre le passage de la rivière.

Les navires qui descendaient l’Arguenon étaient astreints, vis-à-vis du châtelain, au « devoir de quillage et de bienvenue », dont le montant s’évaluait à 5 sols par chaque bateau entrant en rivière et 4 deniers par tonneau de blé, vin et cidre chargé ou déchargé à Plancoët.

Il y avait aussi ce qui s’appelait « l’Aventure de mer » et ses petits profits : « espaves, bris de navires eschouant le long des paroisses de Pluduno et de Saint-Lormel ». A la cuisine de la baronnie étaient expressément réservés les « Esturgeons et aultres poissons dicts royaulx » des pescheries de ses rivages.

Ce fut sur les bords de l’Arguenon où les Anglais attendaient, la nuit, que la marée baissât pour le traverser à gué, que s’embusqua l’intrépide Rioust des Villaudrens, à la tête des paysans de ses terres et de quelques voisins accourus à son aide. Faisant le coup de feu avec eux, il arrêta la marche de l’ennemi qui se croyait attaqué par des forces sérieuses. Grâce à ce retard, les troupes du duc d’Aiguillon arrivèrent à temps pour vaincre à Saint-Cast (11 septembre 1758).

Les habitants des paroisses sujettes au « Guet maritime », c’est-à-dire situées à moins de deux lieues du rivage, étaient tenus, s’il y avait guerre ou crainte de corsaires, de s’équiper et armer à leurs frais. Et M. de la Lande, dans sa très intéressante brochure sur la Défense des Côtes de Bretagne, nous apprend que le service de garde-côtes s’étendait aux signaux de falaises : fumée le jour, feu la nuit.

II

Montafilant et Corseul, dépendances de Plancoët

Montafilant était une antique bannière de la châtellenie de Plancoët. Les sires de Dinan l’avaient donné à l’un de leurs cadets. Cette branche de la maison de Dinan s’éteignit à la mort de Françoise, mariée en premières noces à Gilles de Bretagne et en secondes noces à Guy, comte de Laval.

Tout l’intérêt de Montafilant est dans son histoire, car ses tours ou plutôt ses fractions de tours croulantes nous font tristement songer à ce que deviendra la Hunaudaye dans un avenir plus ou moins prochain.

En 1781, « deux des grandes tours étaient encore entières. Il y avait des demi-tours défendant l’approche des souterrains dont on ignorait la direction ».

Sans nous attarder davantage à Montafilant, que recouvrent le lierre et la ronce, cette couronne mortuaire des ruines tressée par la nature comme pour rendre moins laid l’abandon des hommes, n’oublions pas que nous sommes au pays des Curiosolites, dont Corseul fut la capitale.

Non loin de Montafilant, un champ a conservé, de même que le ruisseau voisin, le nom de Cambœuf (campus bovis). C’était en ce champ du bœuf que les Romains avaient leur parc à bestiaux, car, après les Curiosolites, ce fut au tour des Romains d’être les maîtres de la contrée. Ce qui prouve leur long séjour à Corseul, c’est tout ce que l’on y a trouvé en monnaies, poteries, statuettes et en restes de monuments.

Au siècle dernier (1709), un ingénieur de Saint-Malo y fut envoyé, avec mission spéciale de faire un rapport sur ce qu’il y remarquerait. Après de savants détails sur les chemins des Romains qui traversaient Corseul et dont l’un d’eux passait à Plancoët, cet ingénieur constate que l’église « avait dû être bâtie des débris de quelque grand édifice, car on voit, écrit-il, des tambours de colonnes de même grosseur que ceux des piliers qui forment les ailes du chœur. Tels sont ceux que l’on voit à cent pas de l’église, au milieu du grand chemin de Dinan, auprès desquels est une base de profil atticurge de trois pieds six pouces de diamètre, avec environ un pied de fût cannelé en spirale. Mais ce qui fixe l’attention, c’est une grande pierre de cinq pieds de long, large de trois, que l’on a tirée d’un tombeau pour en faire un pilier octogone auquel on a laissé une face plus large que celles qui lui répondent pour conserver une inscription latine : D. M. S. ».

Cette inscription « Diis manibus sacrum » n’est autre que le commencement de l’épitaphe d’un monument funéraire élevé par un fils (Januarius) à sa mère Silicia.

L’une des ruines de Corseul, dite « Temple de Mars » est classée parmi les monuments historiques, au titre « Monuments antiques ». Ce temple, dont il ne reste que la moitié, n’aurait jamais été plus haut. C’était un bâtiment octogonal, revêtu en dedans et en dehors de petites pierres très régulièrement taillées. D’après un mémoire de l’Académie des Sciences, cité par Deric (tome I, p. 44), ce temple n’aurait point été couvert, à moins qu’il ne le fût en chaume, à la mode gauloise.

Si nous avons exhumé ces mémoires, c’est que les monuments décrits, l’église et le Temple de Mars, ont pu être préservés d’une destruction que la fabrication du « tuileau » destiné à réparer les remparts de Saint-Malo a précipitée.

Pour faire ce tuileau, on se préoccupait peu des respectables souvenirs dont on broyait les briques, et cette œuvre de vandalisme a été consommée par les fouilles sans ménagement d’archéologues quelconques.

III

Montbran, son Baillage et sa Foire
relevant de Plancoët

Montbran qui n’est plus qu’un simple village aurait été autrefois « ville et forteresse ».

« Ce fief et baillage s’étendait en l’ancienne ville et forteresse ». Dans les notes précitées de 1781, il est question des restes de la tour et aussi d’une ancienne église (s’il y en a encore), puis d’un droit de moulin à vent, comme il y en avait autrefois sur le tertre dudit lieu ».

Au seigneur châtelain appartenait un droit de foire « laquelle commence le jour de la Sainte-Croix et se continue les jours suivants, droict de marché au lundy lardier, avec les devoirs de coustumes aux dicts marché et foire, droicts de bouteillage de chacune pipe de vin commencée de vendre par menu et détail en icelle foire, avec toute justice sur les allans et venans et trafiquans. En icelle foire et marché : gué et sûreté. Le lendemain de la dicte foire, étalonnage des mesures de tous les marchands vendants tant vin que cidre et autres marchandises ordinaires, avec droict de connoitre des causes et de tout ce qui appartient en icelle foire par la coustume et duché de Bretagne à Seigneur châtelain de Plancoët dont dépendent les dicts baillage et foire ».

La foire de Montbran, qui a survécu à l’ex-baronnie, dure dix jours, à partir du 14 septembre.

La vue dont on jouit du pied de la tour s’étend au loin vers Pléboule, Port-à-la-Duc, la baie de la Fresnaye où se jette le Frémur, une petite rivière que l’on franchit sur un pont sans parapet avant de gravir la côte du tertre ; plus loin, les falaises vers Saint-Cast et Saint-Jacut. Entre tous les clochers que l’on aperçoit, celui de Matignon appelle les regards sur la « petite ville au grand renom ».

Ce pays est très accidenté. Gracieusement vallonné, sillonné de jolies routes, il est rafraîchi par ses bois et ses fontaines et embelli par ses châteaux. Aussi les Ordres religieux qui savaient choisir leurs résidences en avaient-ils une aux environs. Le « Temple » et sa chapelle ont retenu le nom des Moines-Chevaliers. Dans sa liste des seigneurs lie la subdélégation de Lamballe, Ruffelet place la haute justice de la Guerche, avec Pléboule comme lieu d’exercice, en la possession de l’Ordre de Malte, et entre autres actes de l’un de nos dossiers, un contrat de 1756, met « la Commanderie de la Guerche et de la Caillibotière » sous la juridiction du « siège du Temple, en Pléboule ».

Parmi les grands propriétaires de ces bois, citons le Général baron de Liégeard. C’est à lui notamment qu’appartiennent Saint-Aubin et le Saint-Esprit. Le beau château de la Vallée, en Quintenic, est sa résidence.

Notes (1781) pour parvenir à la vente des fiefs de la maison de Rieux (Documents inédits).

Châteaubriand enfant y venait souvent pendant les vacances ; il avait gardé de Plancoët les plus aimables souvenirs.

Notes de 1781.

Notes de 1781.

Cahier des Devoirs de la Châtellenie de Plancoët.

L’Arguenon, si l’on remonte vers sa source, arrose la commune de Plédéliac dont dépendent les ruines de la Hunaudaye et son chef-lieu de canton Jugon (I556 habitants), place si forte jadis que l’on disait : « Bretagne sans Jugon, moine sans chaperon ». Son château, démoli en 1616, avait été successivement pris et repris par les partisans de Charles de Bois et de Montfort. Les Ligueurs s’en avaient, plus tard, fait un rempart redoutable.

C’est la patrie de l’érudit et saint Eudiste, l’abbé Sevoy, d’une des plus anciennes familles du pays.

Le clocher pyramidal de l’église est du XIIe siècle. Enfin l’étang de Jugon est un véritable lac, tant ses proportions sont grandioses. On s’y rend aisément, de Lamballe, en voiture. Par voie ferrée, il faut 20 minutes de Lamballe à Plénée-Jugon, sa station.

Vannes, Lafolye.

Corseul, première station du chemin de fer de Plancoët à Dinan, est une commune de 3,259 habitants. — Distance de la station, 9 kilomètres.

Notes de 1781.

Hist. de l’Acad. royale des inscriptions, Tome I, p. 401-407.

Notes de 1781.

Notes de 1781.

Annales.

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Published by F du Fou - dans Histoire
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