Du mercredi 26 janvier 1785.
Monseigneur l’Evêque de Dol.
Monseigneur le comte Geslin de Trémargat.
Monsieur le Sénéchal de Rennes.
Un membre de l’ordre de la noblesse ayant représenté que M. Baron du Taya père, sénéchal de Quintin, avait assisté en qualité de député de cette ville aux assemblées des Etats de 1748, 1749, 1750 et 1752 et que s’y étant distingué d’une manière véritablement honorable et intéressante par son zèle, ses services, son patriotisme et les malheurs qui en furent la suite, il mérite l’honneur de participer aux bienfaits de l’assemblée ; que mon dit Sr Baron du Taya exerçant la justice avec les lumières que lui fournit une expérience consommée depuis quarante ans dans un des fiefs les plus considérables de la Province, continue avec intégrité à exercer le zèle le plus actif pour le bien de la justice, que les services de M. Baron du Taya père, rappelés à l’assemblée par ceux de M. son fils y rend depuis quatre tenues avec autant d’activité que de talent, et que ses soins vigilans et pénibles pour les intérêts de la ville qu’iul représente, formant une suite héréditaire d’actions vertueuses et honorables, attirent sur eux d’une manière distinguée l’estime publique ; que si le fils est digne d’une récompense à laquelle son père avait avant lui les plus justes droits, il doit bien être flatteur pour lui de s’approprier une partie de cette récompense méritée par les vertus de son père et de pouvoir par sa propre conduite en augmenter la valeur. Et sur la proposition qui a été faite en conséquence de faire solliciter auprès de Sa Majesté par les Etats l’obtention de lettres de noblesse en faveur de M. du Taya père.
Les Etats par tous ces motifs et pour donner des preuves de leur estime et de leur attachement à MM. Baron du Taya père et fils, ont unaniment ordonné et ordonnent que leurs députés et procureur général syndic, qui iront à la cour, solliciteront auprès de Sa Majesté des lettres de noblesse en faveur de M. Baron du Taya père, sénéchal de Quintin. Etant de plus chargés MM. Les Présidens des ordres de prier M. le comte de Montmorin de vouloir bien employer ses bons offices pour le succès de cette demande.
La minute signée : Urb. V. évêque de Dol, le Cte de Trémargat, Borie.
Pour expédition conforme à la minute déposée au greffe desdits états.
Signé : de la Bintinaye, greffier des Etats.