Lucien Morin, qui a été parachutiste, puis a servi à la Légion étrangère, publie aujourd’hui un livre, à compte d’auteur, intitulé La Grande guerre, Saint-Brieuc le centenaire 1918-2018. C’est la première fois qu’il écrit. Il y a mis tout son cœur.
Le bureau de Lucien Morin, dans une maison de Saint-Brieuc, est tout tapissé de sabres, de casques de la Première Guerre mondiale, de fanions de la Légion étrangère, de documents militaires encadrés. Difficile d’ignorer ses centres d’intérêt…
Il publie ces jours-ci un livre, à compte d’auteur, intitulé La Grande guerre, Saint-Brieuc le centenaire 1918-2018. Comment lui, l’ancien militaire, en est-il arrivé à écrire un tel ouvrage ? « C’était il y a deux ans, raconte-t-il. À la cérémonie du 11 Novembre, il n’y avait vraiment pas beaucoup de monde. »
Il fait partie du bureau du Souvenir français. Il était là, avec Jean Rigollot, le président du comité de Saint-Brieuc de cette association qui entretient les monuments aux morts pour la France.
« On s’est promenés parmi les tombes. On a vu des mecs qui étaient morts pendant la guerre de 14. On s’est dit : c’est bête, on ne sait rien d’eux. Il n’existe aucune publication. Si on faisait une petite brochure ? »
Les deux hommes commencent à travailler. Un an plus tard, Lucien Morin tombe sur une pépite. « Le livre d’or des anciens élèves de l’école Saint-Charles morts pour la France. Un ouvrage édité en 1928, qui comporte les notices et les photos de plus de 200 anciens de Saint-Charles. »
Cette découverte change tout. « Quand je l’ai eu entre les mains, je n’ai plus pu le quitter. Je suis resté 7 heures d’affilée, ici, à mon bureau, à le lire. Je voulais partager ces hommes avec Saint-Brieuc. Dire que je les respecte, dire qu’ils sont des héros. Rendre hommage à toutes ces familles qui les ont perdus. »
Il décide alors de recopier intégralement les notices de ceux qui sont nés à Saint-Brieuc, dans le futur livre. Il n’est plus question d’une brochure d’une ou deux dizaine de pages, comme évoquée le 11 novembre, au cimetière.
« Saint-Charles était un lycée de référence, c’était aussi une école militaire marine, et une prépa aux grandes écoles. Ils ont fait ce travail, après la guerre. On n’a pas de telles archives pour des gens du peuple. »
L’ancien militaire est habité par son sujet. « Je me mets à la place de cette époque-là. Il y avait la mort qui était là. Tous ces morts de Saint-Brieuc, qui étaient camarades avec les autres élèves dans les écoles. »
Il a éprouvé le besoin d’aller voir sur place. Il est parti à Verdun. Il est allé à la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette. « Dans la crypte aux morts, quand vous voyez tous ces étages de cercueils, vous ne ressortez pas indemne. Ça fait réfléchir. Pour ce bout de colline, ils se sont fait exploser la gueule. Et puis ceux qui sont restés vivants sont rentés chez eux comme si de rien n’était. Il faut rendre hommage à tous ces gens-là. »
Le livre sera disponible à partir de jeudi 14 décembre, dans quelques magasins de Saint-Brieuc : à la Fnac, chez Imagine, et dans les Leclerc de Plérin et Ploufragan. Il est vendu 29,90 €. On peut aussi l’acheter à distance, en écrivant par mèl à Ufac22@gmail.com
Les bénéfices serviront à refaire une stèle portant les noms des morts pour la France qui se trouvaient sur le monument de l’ancienne caserne Charner. Ce monument a été retiré lors de la construction de la maison médicale, en 2015.