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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 18:32

DOYENNE DE PLŒUC

 

Le Diocèse de Saint-Brieuc pendant la période révolutionnaire : notes et documents, tome II, Conférence ecclésiastiques de 1892, Imprimerie-Librairie-Lithographie René Prud'Homme, Saint-Brieuc, 1895

 

En 1790, il y avait au moins vingt-et-un prêtres dans les paroisses qui actuellement forment le doyenné de Plœuc.

Dans ce nombre sont compris tous les prêtres qui, sans titre de recteur ou de curé, résidaient dans les paroisses et étaient de précieux auxiliaires pour les prêtres chargés du ministère paroissial. Les prêtres qui administraient les trêves qui ne font plus partie du doyenné de Plœuc, (Gausson était une trêve de Plœuc et Saint-Brandan une trêve de Plaintel) ne sont point comptés dans le nombre cité plus haut.

 

PLŒUC

 

Plœuc à lui seul possédait huit prêtres. Cette paroisse avait alors pour recteur M. Chevalier, et pour curé M. Bertrand. Ils étaient aidés pour le ministère par des prêtres de la paroisse, MM. Jean-Baptiste Hello, Yves Eudo, Jean-Baptiste David, Noël André, Jean Hémery et Jean-Brieuc Jarnet. Ce nombre de prêtres ne doit pas étonner, si l'on considère que cette paroisse était couverte de chapelles. La chapelle de Saint-Just est la seule qui reste ; elle est encore ouverte au culte, on y dit la messe tous les dimanches.

 

La chapelle de Sainte-Marguerite, située dans l'ancien cimetière, a disparu, il y a quelques années, pour faire place à la magnifique église neuve. Cette chapelle se trouvait anciennement dans un coin du bourg appelé la Trêve, elle fut transportée de là dans le vieux cimetière aux frais de Melchide Georgelin.

 

Mais, avant la Révolution, les maisons de Bago, Crémeur, le Roscraignon, le Pont-à-l'âne, la Touche-aux-Moines, l'Ile, Saint-Eloi, la Corbière, avaient leurs chapelles. C'étaient autant de petites seigneuries dont plusieurs, m'a-t-on dit, payaient une redevance à celle de l'Ile. La Vieux-Ville possédait aussi une petite chapelle, desservie par des moines cisterciens qui avaient là une petite communauté.

 

M. Chevalier, qui fut le dernier recteur avant la Révolution, avait bâti pour presbytère la maison dite de M. Georgelin. Mais cette maison, assez considérable, lui avait coûté cher ; aussi avait-il contracté des dettes qu'il ne put payer. Ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du clergé, il prit le chemin de l'exil dans les premiers jours de juin 1794. Il émigra en Angleterre où il mourut de chagrin.

 

M. Bertrand, homme simple, franc et droit, était très goûté de la paroisse. Il disparut aussi dans les premiers jours de juin 1791 ; mais il n'émigra point. Il se cacha chez des familles sympathiques et dévouées et continua d'administrer les sacrements en cachette dans les villages et les paroisses voisines, notamment dans la trêve de Gausson. On ne sait ce qu'il devint, mais il ne reparaît point à Plœuc après la Révolution.

 

Malheureusement, tous les prêtres de Plœuc ne suivirent pas le bel exemple qui leur était donné par le pasteur et le curé. Trois refusèrent de jurer ; ce furent MM. Hello, David et Eudo : ils furent obligés eux aussi de prendre le chemin de l'exil, et s'en allèrent à Jersey ou en Angleterre. Trois eurent la faiblesse de prêter le serment civil ; ce furent MM. André, Hémery et Jarnet tous nés dans la paroisse. Depuis 1791 jusqu'en 1801, il n'y eut que ces prêtres jureurs à exercer ostensiblement le ministère. Mais les habitants qui n'avaient point confiance en eux les abandonnèrent. Aussi l'église de Plœuc devint alors déserte et les ronces et les épines, au dire des anciens, en firent un lieu de désolation.

 

Il semble que la divine Providence ail voulu faire expier à ces prêtres le mal que leur faiblesse avait causé. Tous les trois, en effet, moururent misérablement, M. André, devenu curé constitutionnel et bientôt officier public, s'étant pris de querelle avec des soldats républicains qui lui reprochaient sa lâcheté, fut saisi par eux et dirigé sur Quintin, chef-lieu du district. Soit qu'il fût pour eux un embarras, ou soit par crainte des chouans, ils ne l'emmenèrent point jusqu'à Quintin, ils le fusillèrent en route, dans la forêt de Lorges, aux environs de la Croix Saint-Lambert.

M. Hémery fut saisi par les chouans et tué dans sa maison au bourg de Plœuc.

M. Jarnet vécut dans l'indifférence et le mépris de ses compatriotes qui ne voulaient pas même assister à sa messe. Il mourut en 1806, à la Ville-Jagu.

 

Mais à côté de ces figures qui nous attristent, en apparaissent d'autres qui nous consolent et nous réjouissent.

M. Paul Georgelin se présente ici à notre respectueuse admiration. Né à Plœuc, le 3 mars 1765, il venait d'être fait prêtre en 1789 quand la Révolution éclata. M. Georgelin ne prêta point le serment, n'émigra point : mais fidèle à l'Eglise catholique, il se tint caché dans la paroisse de Ploeuc où il rendit de grands services à la religion. Sa jeunesse et son zèle ne le rendirent pas seulement utile à la paroisse de Plœuc, mais encore à celles des environs. Il donnait ses soins el les secours de la religion à un malade, dans la paroisse de Plessala, lorsqu'il fut pris par des soldats auxquels il avait été dénoncé. Malheur aux prêtres insermentés qui étaient alors saisis, car souvent, sans aucune forme de procès, ils payaient de la vie leur fidélité à l'Eglise.

C'est ce qui arriva à M. Paul Georgelin. Les soldats, ou plutôt tes bourreaux qui l'avaient arrêté le massacrèrent, et on dit qu'il n'avait pas encore rendu le dernier soupir lorsqu'ils le jetèrent dans la fosse et le recouvrirent de terre.

C'est donc à faux que l’auteur de l’histoire populaire de la Bretagne dit qu'il fut fusillé à Plœuc, à la porte d'une maison où il venait d'administrer les sacrements à une malade. Il était âgé de 28 ans.

 

M. Joseph Georgelin, son frère, qui fut plus tard curé de Plœuc, était né le 8 janvier 1 768. Il fut emmené à Jersey, pendant la Révolution, par M. Joseph Briend, prêtre de Hénon, et y reçut tous les ordres, même la prêtrise, dans l'espace de six mois, au grand étonnement de tous. C'est lui qui devait, après la tourmente révolutionnaire, rouvrir les portes de l'église de Plœuc avec M. Briend, son maître et son guide. Ils revinrent à Plœuc en 1801. M. Briend fut curé d'office de 1801 à 180â. Mais la marquise de Catuélan qui avait connu à l'heure de l'épreuve son grand cœur et sa grande âme, s'empressa de le rappeler près d'elle comme recteur de Hénon.

M. Paul Georgelin ne fut pas le seul de la paroisse de Plœuc à payer de son sang sa fidélité à Dieu et à la religion.

 

Pierre Moisan, de Duancre, âgé de 48 ans ; Pierre-Paul Moisan, son fils, âgé de 18 ans ; François Georgelin, âgé de 67 ans ; Guillaume Georgelin, son fils, âgé de 26 ans ; François Chapron, âgé de 29 ans ; François Georgelin, âgé de 24 ans, furent aussi les glorieux témoins de l’Eglise et de la foi en leur pays. Saisis en leurs maisons comme suspects, ils furent dirigés sur le bourg par une colonne et fusillés en chemin près le Pont-Aiguillon en face du village des Isles le 17 août 1795. M. Moisan, ancien curé de Plouguenast et fils de Pierre Moisan, l'une des victimes, a élevé une croix sur le lieu où le crime s'accomplit. Au dire des anciens que j'ai entendus, il y eut dans cette paroisse beaucoup d'autres meurtres restés inconnus. La terreur régnait véritablement sur ce pays. On redoutait également les chouans et les bleus.

 

Des bandes de pillards se donnant le nom de chouans et qui n'étaient en réalité que de faux chouans souvent soudoyés par les bleus, parcouraient le pays pour dévaliser et incendier les maisons ; ils ne reculaient même pas devant l'assassinat des gens qui leur résistaient. Les bleus n'étaient pas moins redoutés, car outre qu'ils fusillaient pour le moindre prétexte, ils ne respectaient ni les biens ni les personnes. Aussi ces deux noms chouans et bleus sont-ils restés chez la plupart des Ploeuquois, qui n'en ont jamais bien connu la véritable signification, comme les synonymes de voleurs et d'assassins.

 

A la suite du Concordat, le 29 mai 1803, M. François Alleno fut installé curé de Plœuc, avec MM. Hello, David et Joseph Georgelin pour vicaires. M. Hello fut nommé recteur de Saint-Hervé, en 1813. M. David mourut à Plœuc en 1804. M. Georgelin devenu curé de Plœuc en 1819, mourut en 1839. Quant à M. Eudo, il demeura en Angleterre après la Révolution, et vint enfin mourir à Boulogne-sur-Mer, dans un âge très avancé vers 1860.

 

Autres pages : La HarmoyeLe BodéoL'Hermitage, PloeucLanfainsPlaintel

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Published by F du Fou - dans Histoire
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