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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 05:00
NATION FRANCAISE, NATION BRETONNE : L'EFFROYABLE IMPOSTURE DE 1789 : DES CENTAINES DE MILLIERS DE MORTS, CONTRE UNE DECLARATION DES DROITS DE L'HOMME JAMAIS APPLIQUEE: 500 ANS AVANT J.C, LES ELITES ET LA NATION ATHENIENNES ENONCENT LES DROITS DE LHOMME, ET LES METTENT EN PRATIQUE.

“Au moment ou elle a succombé, la Bretagne constituait réellement un Etat à part, JOUISSANT DE TOUTES LES PREROGATIVES DE LA SOUVERAINETE”.

 

Les relations de la Bretagne avec la France ont souvent été mal comprises, SURTOUT HORS DE BRETAGNE. Les Ducs ont succombé: NATURELLEMENT, L'HISTOIRE N'A PLUS ENTENDU QUE LA VOIX DE LEURS ADVERSAIRES”.

(Marcel PLANIOL, Histoire des Institutions de la Bretagne, tome 3, page 51; tome 5, page 4. Mayenne, 1981 et 1984)

Avant de lire l'article qui suit, je recommande vivement d'écouter les videos ABP [Voir le site] et les emissions radiophoniques de lumières 101 [Voir le site]

On comprendra combien la Bretagne a souffert de la colonisation dont elle a été victime après les invasions françaises de 1488 et de 1491, et combien reste importante encore pour les Bretons, qui ont pourtant conservé une si belle identité, après tous ces efforts accomplis par le pays envahisseur pour les assimiler à une civilisation totalement étrangère à la leur, la distance à parcourir pour redevenir entièrement eux mêmes.

LA NATION FRANCAISE EST TRES RECENTE.

Ceux qui ont lu l'hebdomadaire l'Express (en date du 24 juillet 2008, page 65), auront eu la confirmation qu'on enseigne encore dans les facultés bretonnes que “l'idée de nation indépendante n'a pas de sens au 15 ème siècle”.

Le corollaire de cette proposition, qui n'est pas énoncé - je pense qu'on n'a pas osé le faire - est celui-ci: “la Bretagne ayant été engloutie par la France à la suite des invasions de 1488 et de 1491, et ayant, de ce fait, disparu de la scène internationale, ne peut avoir été une Nation puisque les Nations n'existent pas encore”.

Je concède à l' auteur que ce qu'il écrit EST VRAI POUR LA NATION FRANCAISE. Comme le reconnaissent tous les spécialistes en sciences politiques et en droit international, ainsi que les historiens spécialisés (Colette Beaune, Mollat du Jourdain, Fr. Olivier Martin, Suzanne Citron, Pierre Chaunu, Philippe Némo…), personne ne reconnait la qualité de nation à “la” France - celle que l'on dénomme actuellement “l'hexagone”, avant le 16 ème siècle.

Le “royaume de France” existe, il est vrai, au plan théorique - ou, plus exactement, fantasmatique -, lorsque Hugues Capet ceint la couronne, en 987. C'est, tout au plus, “une sorte de mythe, conservé dans l'esprit du roi, de ses serviteurs, et de quelques gens d'église”, écrit Charles Petit -Dutaillis, dans son ouvrage “La monarchie féodale en France et en Angleterre” (Albin Michel, Paris, 1971, page 16); une “séquelle”, purement intellectuelle, ne répondant à rien ni au plan géographique ni au plan politique, du partage de l'immense empire carolingien, scindé en trois en 843 par les fils de Louis le Pieux, auxquels échoient la “Francia occidentalis ” (pour Charles le Chauve), la “Francia orientalis” (l'Allemagne actuelle, pour Louis dit “le Germanique”), la Lotharingie” ( longue bande de terre s'étendant de la mer du nord au nord de l'Italie”, pour Lothaire) (K.F. Werner, Les origines, Paris, page 459).

En 987, “La France” ne désigne qu'un territoire exigu, qui dépasse à peine les limites du diocèse de Paris, représentant un espace allant, grosso modo, de Senlis à Orléans, c'est-à-dire l'équivalent de un ou deux départements actuels. On est très loin de ce que sera le royaume “réel” quelques siècles plus tard, après ses agrandissements successifs.

Hugues, considéré comme le fondateur de la dynastie capétienne - à laquelle il faut bien assigner un début, ce qui n'est pas choquant en soi -, exerçant son autorité sur un pays aussi exigu, porte un titre pompeux, mais il n'est rien d'autre qu' UN PRINCIPICULE. Il y a accord total de tous les historiens sur ce point. Navrant pour l'égo surdimensionné des Français. mais strictement exact ( Yves Sassier, Hugues Capet, Paris 1987, page 285).

Le “royaume” se construit par des apports multiples et successifs, tant au plan territorial qu'au plan de la doctrine, au fil des guerres, des invasions des pays voisins, des mariages, des héritages, des achats de seigneuries voisines (Olivier Martin, page 315: méthodes d'extension du domaine).

L'UNE DES METHODES LES PLUS CONFORTABLES pour s'enrichir aux dépens d'autrui, consiste à prétendre que le roi capétien, en s'emparant des territoires jouxtant ceux qu'il contrôle effectivement, détenus par d'autres Princes, ne fait que ” rentrer chez lui”: il ne fait que ” récupérer” ce que d'autres ont dérobé à ses ancêtres ou à ses prédécesseurs. Avec une bonne armée, on arrive très bien à faire celà. Lorsque l'invasion est faite et parfaite, que le gouvernement local a été détruit, que les hommes de mains de l'envahisseur ont remplacé les “originaires” dans les postes stratégiques, que des “collabos” locaux ont été recrutés en nombre suffisant, le piège infernal se referme, parfois d'une manière définitive.

Ce n'est pas une invention géniale. Elle est de tous les temps. C'est en vertu d'un raisonnement analogue - une très vague allégeance de pays voisins, à une époque floue et si possible non identifiée -, que le Maroc occupe actuellement le Sahara occidental , et que la Chine exerce ses exactions, impunies, au vu et au su de tous, sur les populations tibétaines (et d'autres, sans doute).

Au plan intellectuel, les conseillers de l'entourage royal consolident, avec habileté, l'idée que les Capétiens sont les héritiers des Carolingiens - ce qu'il ne sont pas (Colette Beaune, page 296) -, et que le royaume agrandi n'est rien d'autre que le reconstitution de l' oeuvre territoriale de ceux-ci, en particulier de Charlemagne. Par “strates”, successives, le mythe se complète, s'ajoutant à d'autres aussi mal fondés au regard de la vérité, et prend consistance, au point d'être considéré comme le reflet de la réalité historique. Ainsi, lorsque la France s'emparera de la Lorraine, Louis XIV écrira dans ses mémoires cette absurdité: “C'était l'ancien patrimoine de nos pères; qu'il était beau de le joindre au corps de la monarchie, DONT IL AVAIT ETE LONGTEMPS SEPARE (!)” (Michel Déon, Louis XIV par lui-même, Paris, 1983, page 156).

Dès le onzième siècle, la dynastie étant devenue plus crédible et plus solide, on assigne au royaume théorique sur lequel les descendants de Hugues Capet sont censés régner, des limites beaucoup plus larges que le royaume réel: au Nord la Manche, au sud les Pyrénées, à l'Ouest l'Océan Atlantique, à l'Est l'Empire, délimité par l'Escaut, la Meuse, le Rhône (toute la rive gauche du Rhône, en particulier le Dauphiné et la Provence, sont hors du royaume) ( voir, en particulier, Suzanne Citron, page 113). A l'OUEST, LA PENINSULE ARMORICAINE RESTE TOTALEMENT A L'EXTERIEUR DU MONDE FRANC (idem, page 113). Les conseillers du roi capétien tentent de faire accroire que le royaume minuscule des descendants de Hugues coincide, en réalité, avec le “lot” qui fut attribué à Charles le Chauve par le partage de Strasbourg de 843, la vaste “Francia occidentalis”, dont les limites, précisément, sont celles indiquées ci-dessus (Fr. Olivier-Martin, page 11). C'est une imposture, inventée à postériori par l'abbé de Fleury, dans la deuxième moitié du 11 ème siècle, ingénieuse dans la mesure ou elle donne légitimité aux rois capétiens, et leur permet, pendant des siècles, de s'étendre aux dépens des princes périphériques, supposés avoir “volé” à la monarchie des territoires qui ne leur appartiennent pas (Suzanne Citron, page 127; Colette Beaune, page 417). C'est la fameuse théorie du “démembrement du royaume” par les Comtes, Ducs et Princes locaux, plus ou moins assimilés à des bandits de grands chemins, auxquels l'équité commande qu'ils soient mis en situation de “rendre gorge”, c'est à dire de restituer à la Monarchie ce que leurs ancêtres s'approprièrent, jadis, d'une manière frauduleuse. La puissance militaire de la France s'accroissant au fil du temps - surtout depuis Louis XI, qui décède en 1483 -, la théorie est mise en pratique, puisque personne n'a plus la force de démontrer son absolue fausseté. La réalité est beaucoup plus simple: lorsque la dynastie carolingienne se délite et se dissout, au point de ne plus pouvoir administrer les très vastes territoires qu'elle a jadis possédés (9 ème et 10 ème siècles), l'autorité renait comme elle peut, là ou elle le peut, sur des entités plus petites, déjà cohérentes, ou bien créées par les nouveaux souverains locaux: ici un Comte, là un Duc, plus loin un vicomte, un Prince, etc. Ces nouveaux souverains organisent le pouvoir dans leur sphère d'action, mais en aucun cas ne “dérobent” à la dynastie disparue ou émasculée quoi que ce soit, puisqu'elle a sombré corps et biens.

Il est très important, en se répétant d'une manière voulue, d'insister sur le fait que c'est sur le fondement de pures affirmations, ne correspondant à aucune réalité juridique, que la Chine, maîtresse de forces armées colossales, martyrise actuellement le Tibet, que le Maroc occupe le Sahara occidental, et que la France, parvenue au contact des frontières bretonnes sous Louis XI, se prépare à précipiter ses armées sur la Bretagne, en INVENTANT de toutes pièces de prétendues raisons, mensongères, qui ne prendront consistance que par les invasions armées meurtrières, qui, une fois faites et parfaites, INTERDIRONT DESORMAIS AUX BRETONS, comme Planiol le résume ci-dessus en une phrase admirable, d'écrire normalement leur histoire, JUSQU'A CE JOUR (Je reviendrai sur ce point très important, mais en temps opportun seulement).

Au stade dont il est question ici (13 ème, 14 ème, 15 ème siècles), l' ensemble dominé par les descendants capétiens, est bien loin de constituer UNE nation. Cet ensemble est pluri-ethnique et pluri-national. Comme le fut jadis la Gaule, laquelle n'a jamais constitué UNE NATION, comme on l'enseignait dans mon enfance à l'école (Christian Goudineau, Regard sur la Gaule, Paris 2007, page 7O. Comme les Sénégalais et les populations de l'Afrique noire, qui devaient, à peine de coups de règle sur les doigts, se référer à “nos ancêtres les Gaulois” (!!!), ma première leçon d'histoire, apprise par coeur à l'âge de six ans, d'un culot inoui, était ainsi libellée: “En ce temps là, la France s'appelait la Gaule (!!!!!)”: c'est ainsi que mes lointains ancêtres et moi même sommes entrés d'un coup dans la Francité, plus de mille ans avant que la France existe!!!

La principauté capétienne est constituée essentiellement par les provinces” centrales” de la France actuelle, jouxtant l'Ile-de- France. Ces provinces deviennent réellement françaises, le temps faisant son oeuvre, par extension du domaine royal, d'une manière progressive, après leur rattachement, par achat, mariages, confiscations, conquêtes (l'ile- de- France, l'Orléanais, la Champagne, la Normandie, l'Anjou, le Maine….).

Les provinces “périphériques”, tout en reconnaissant l'autorité théorique du roi de France - théorique parce que ce personnage lointain et quelque peu fantomatique n'y exerce de prérogatives que d'une manière très progressive, le pouvoir réel restant jusqu'à Louis XI entre les mains des Princes locaux -, n'ont pas de sentiment national net, partagées qu'elles sont entre l'appartenance tantôt à la France, tantôt à un autre pays (l'Angleterre: Guyenne et Normandie; Etats Bourguignons: villes de la Somme et Artois; Empire: la Franche comté (comté de Bourgogne); l'Alsace, la Lorraine font partie de l'Empire… Leur identité réelle, à cette époque, n'est encore ni française, ni anglaise, ni bourguignonne; elle est celle qui résulte de leur propre histoire, pluricentenaire.

CE N'EST PAS A DIRE QUE LA NATION FRANCE N'EXISTE PAS. “La” Nation française, celle qui se sent telle parce que ses “Princes naturels” sont les Capétiens, et qui vit de la même existence sous leur autorité depuis des siècles, développe, au fil des évènement un sentiment de solidarité entre provinces appartenant à cet ensemble, et de fidélité dynastique au prince qui les gouverne (Colette Beaune, page 417). Elle n'est constituée, au début du 15 ème siècle, que par les provinces centrales mentionnées plus haut. Les autres sont dans une situation indécise; elles sont dans l'éventualité, au fil des évènements, des guerres, des conflits incessants entre les puissants, de se rattacher, le cas échéant, physiquement, et affectivement au pays qui s'en emparera durablement, ballotées qu'elles sont entre les uns et les autres, comme ce sera le cas, beaucoup plus tard, pour l'Alsace, tour à tour terre d'Empire, puis française, puis allemande, puis française à nouveau (Voir notamment: Jean Ritter, L'Alsace, Presses Universitaires de France, Paris, 1985).

L'INSTABILITE DE CE QUI COMMENCE A RESSEMBLER A CE QUE LA FRANCE va devenir, est considérable, le royaume, sans cesse envahi, étant menacé sans cesse et sans cesse de désintégration, d'éclatement. On peut suivre aisément cette évolution au moyen de l'un des Atlas historiques en circulation, par exemple celui de l'éditeur Perrin, de très bonne qualité.

Beaucoup ont oublié - à supposer qu'ils aient jamais eu connaissance des faits -, que du temps de Louis XI, Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, à la tête d'un “conglomérat” de provinces fort diverses, s'étendant du duché et du comté de Bourgogne (la Franche Comté actuelle), à le mer du Nord (incluant l'actuelle Belgique et les pays Bas), a failli être sacré roi par l'Empereur du Saint Empire Frédéric III. Si cela s'était fait, le nouveau royaume aurait probablement porté le nom de Lotharingie (voir la passionnante relation de son contemporain Thomas Basin, dans son Histoire de Louis XI, Les Belles Lettres, Paris 1972, livre IV, page 172; ainsi que l'ouvrage de Bertrand Schnerb, L'Etat bourgignon, Paris 2005, page 417, et celui de Henri Dubois, Paris, 2004, pages 314 et suivantes). Au moment de la mort du Téméraire (en janvier 1477, l'année même de la naissance d'Anne de Bretagne, six ans avant la disparition de Louis XI), les “Etats Bourguignons”, par un mécanisme similaire à ce qui se passe partout ailleurs ou les peuples se soudent et développent une identité commune, sont en voie de constituer une Nation authentique, qui s'effondrera avec la chute du Duc de Bourgogne, allié précieux de la Bretagne, alors qu'un sentiment national est déja très perceptible, au moins dans certaines parties des vastes territoires dont il est devenu, à la suite de ses ancêtres le “Prince Naturel”, comme on le dit à l'époque. (Nota: de la même manière, le Prince Naturel des Bretons est le Duc de Bretagne, EN AUCUN CAS le roi de France, QUI EST LE ROI D'UN PAYS EN TOUS POINTS DISTINCT DE LA BRETAGNE; références INNOMBRABLES). Identiquement, fait quasi ignoré, les provinces du sud du royaume (grosso modo: les seigneuries du massif central et la Provence), ont failli être détachées de la France, au début du 16 ème siècle, pour constituer, après les défaites de François I er par Charles Quint, un royaume propre au profit du connétable de Bourbon, la couronne de France devant revenir à Henri VIII d'Angleterre, les provinces de l'est à l'Empereur Charles Quint (Henry Lemonnier, Henri II, Taillandier, Paris 1983, page 56).

LA FRANCE NE COMMENCE A DEVENIR GEOGRAPHIQUEMENT “STABLE', et à ressembler à ce qu'elle est actuellement, par des acquisitions territoriales diverses, que très tardivement, à partir de Louis XI (mort en 1483), Charles VIII (mort en 1498), de Louis XII (mort en 1515). Désormais rattachées, jusqu'à aujourd'hui, à la France actuelle, ces provinces, vivant des existences assez similaires autour des princes Capétiens, et soumises de plus en plus au gouvernement centralisé créé par ceux-ci, se mettent alors, PROGRESSIVEMENT, à développer, tout en conservant pour certaines une “personnalité” forte, ainsi que des régimes juridiques et fiscaux particuliers (le Languedoc, la Provence…), un sentiment de “parenté”, voire de solidarité, qui devient, par la force des choses, un “sentiment d'appartenance” commun, puissant autour de l'Ile- de-France et des provinces” centrales”, de plus en plus “dilué” à mesure que l'on s'éloigne de Paris et de la vallée de la Loire, ou séjournent souvent les rois.

LA BRETAGNE, qui n'a jamais ressenti d'autre SENTIMENT D'APPARTENANCE QUE BRETON, à partir du moment ou le Duc s'est imposé comme le souverain de tous les Bretons, doublé d'une haine farouche pour les Français, EST UN ETAT TOTALEMENT INDEPENDANT jusqu'aux invasions militaires françaises de 1488 et de 1491 (Cf les références précitées du traité de Marcel PLaniol). Quoiqu'envahie, occupée, subordonnée politiquement et militairement, muselée après la mort d'Anne de Bretagne en 1514, elle reste “province réputée étrangère”, et continue à jouir d'un statut spécial jusqu'en 1789, qui lui confère un semblant d'autonomie, qu'il a bien fallu lui accorder, en raison de la violente et foncière hostilité des Bretons à l'égard de leurs ennemis millénaires, les Français. (En fait, les “garanties” solennellement proclamées par la France en 1532, à l'occasion du faux traité d'Union entre les deux Pays), SONT CONSTAMMENT VIOLEES, en particulier par le biais d' extorsions de fonds considérables, dont Marcel Planiol a donné un bilan provisoire (tome 5, pages 95 et suivantes; impressionnante thèse de Yves Bonvallet sur le sujet, sous le titre: Des contraventions au “Traité” d'Union entre la Bretagne et la France de 1532 à 1715; Paris, 1942). Ceci dans l'attente des thèses plus complètes que toute la Bretagne attend de nos facultés, lorsqu'elles seront “libérées" des contraintes de toutes sortes qui pèsent sur elles, notamment idéologiques. (Nota: pratiquement AUCUN des Bretons qui réclament à cor et à cri un statut d'Etat Libre pour la Bretagne au sein de l'Europe n'a lu ces travaux, ce dont je me suis assuré par une enquête, ce qui me semble plus que regrettable: la refondation de la Bretagne suppose UNE DOCTRINE, un corpus de principes sains, et d'une honnêteté irréprochable, dont l'élément le plus important, je le répète, n'est pas la langue, mais l'histoire; même si la valeur de la langue comme symbole est considérable, et si son enseignement doit être poussé aussi loin que possible, jusqu'au point ou en sont les Flamands, qui ont vécu la même humiliation que nous, que nous, mais qui, eux, osent en tirer les conséquences).

LA “REVOLUTION” DE 1789, PAR LES VIOLENCES SAUVAGES ET LES ATROCITES que l'on sait, dignes des plus exécrables abominations de l'histoire de l'Humanité, décrète qu'aux lieu et place de ces pays dont chacun possède sa personnalité propre, et qui sont, pour les les plus anciens, d' AUTHENTIQUES NATIONS, orgueilleuses de leur antiquité (les Bretons, les Basques ….), artificiellement “scotchés” par le fait d' avoir vécu sous des rois communs, sont maintenant soumis à une tyrannie effroyable. Sans être consultés, ils apprennent, qu'ils ne constituent plus, TOUT D'UN COUP, qu'une seule et même nation, LA NATION FRANCAISE, qui n'est pas la leur. Dans leurs cahiers de doléances, quasi unanimes, ils ont exigé le maintien de leurs Institutions, et DE SE GOUVERNER SANS INGERENCE ETRANGERE. Leur propre nation, source de fierté et d' amour, N'EXISTE PAS, elle n'a jamais existé !!!!!). C'est ainsi que, stupéfaits, ils apprennent qu'il n'existe plus pour eux qu'une seule langue “nationale”, CELLE DE CELUI QUI A LA CAPACITE ET LA CRUAUTE DE FRAPPER LE PLUS FORT: LE FRANCAIS. Là est l'origine de CETTE PRETENDUE LANGUE UNIQUE POUR LES PEUPLES DE CE QUI EST DEVENU UN HEXAGONE, ET PAS AILLEURS. (Vous connaissez cette énormité, oeuvre de deux ou trois dérangés mentaux: “UN PEUPLE LIBRE NE PEUT QUE PARLER LA MEME LANGUE” (!!!!!!!).

Voilà les libertés qu'enseigne la Nouvelle France: la destruction de celles des autres. C'est un coup de force inoui, une IMPOSTURE, sous laquelle on tente encore de nous faire vivre. Les titulaires du nouveau pouvoir, avec leurs forces armées, font payer chèrement le prix des manquements à la nouvelle doctrine (une religion séculière, en réalité, comme le fut la marxisme), à ceux qui prétendent conserver leur identité, leur fierté nationale, leurs franchises et leurs Libertés.

Pour nous Bretons, deux “expériences” “révolutionnaires”, terrifiantes encore aujourd'hui, et de nature à se faire dresser les cheveux sur la tête restent “incrustées” dans les esprits: celles infligées aux populations innocentes par le boucher CARRIER, et par le boucher Westermann.

……….

IL EST EXACT QUE LE REGIME ANCIEN était vermoulu, dépassé, injuste, arbitraire, incapable de se réformer. Il fallait, impérativement, reconstruire la société sur des bases plus justes. Les privilèges, partagés par une caste, devaient être abolis. LES BRETONS L'ONT DIT, dans leurs REMONTRANCES, avant que se réunissent les ETATS GENERAUX. Ils ont réclamé des réformes Majeures dans leurs remontrances au roi de France, pendant tout le 18 ème siècle! (Messieurs qui enseignez l'Histoire dans nos facultés: CONNAISSEZ VOUS CES TEXTES ????). (Louis Mélennec, mémoire de DEA, page ). Dresser la liste des droits de l'homme était nécessaire. Mais que la France se les attribue à elle même, pour en faire un tremplin pour tenter de se propulser dans l'Univers sur le fondement d'un mensonge aussi bête, alors qu'ils sont énoncés par les philsophes antiques, plus encore par le Christianisme, et pratiqués, pour certains d'entre eux, par plusieurs pays européens (la Grande Bretagne, les Pays Bas …) relève d'une boursouflure ridicule, d'ailleurs dénoncée par des historiens actuels de grande qualité (comme Albert Soboul, par exemple: voir son ouvrage sur La révolution française, Editions Gallimard, collection Tel, Paris 1996, pages 530 et suivantes: L'Etat bourgeois).

Le triste résultat obère encore la pensée de nombreux intellectuels français, QUI CROIENT…. QUE CELA EST VRAI, et qu'ils appartiennent à la géniale Nation qui a apporté la lumière au monde, et a délivré l'Univers! D'ou les tirades ridicules qu'on peut encore lire sous leurs plumes ignorantes, ou dans des enceintes prestigieuses comme celles de l'ONU (désolés, messieurs, de vous renvoyer votre image: à trop avoir péroré et fait la roue avec de fausses plumes de paon, et trop humilié les Bretons, il est normal que ce soient eux qui vous le disent).

Alors que Marcel PLANIOL, le plus grand connaisseur - de loin - du doit médiéval breton, affirme: “Au Moyen âge, le droit de la Bretagne contient déjà en germe ce que l'on appellera LES DROITS DE L'HOMME”, ni les révolutionnaires (surtout pas!!!), ni le Directoire, ni le Premier empire, ni la Restauration, ni la Monarchie de juillet, ni le Second empire (qui prend fin en 1870), n'appliqueront ces principes, ni de près, ni de loin. C'est la troisième république qui commencera à les sortir timidement des tiroirs. Le régime féodal, devenu anachronique et choquant, a disparu par sa volonté de se saborder lui-même le 4 aout 1789, non par la vertu des révolutionnaires (sauf au tout début, il est difficile de trouver parmi eux autre chose que des personnages d'une grande vulgarité morale: Talleyrand, ex-évêque, Fouché, etc). Il y a seulement trois ou quatre ans, la France ayant réclamé de juger sur son territoire un terroriste, s'est vue répondre par la Grande Bretagne (pays duquel nous, Bretons, sommes venus au 5 ème siècle): “c'est impossible; LA FRANCE N'OFFRE PAS LES GARANTIES JUDICIAIRES NECESSAIRES POUR QUE NOUS PUISSIONS VOUS CONFIER CETTE PERSONNE” (Le journal Le Monde vous fournira les références précises). Cependant, c'est au nom des Principes de la Liberté que les armées révolutionnaires, avec leurs canons et leurs baionnettes vont porter le joyeux message dans toute l'Europe !!!!! (Question aux lecteurs: cela est-il encore enseigné dans les écoles bretonnes, comme lorsque, enfant, je n'avais pas acquis le discernement nécessaire pour juger ces aberations à leur juste valeur?)

Les crimes commis en 1789 et durant les années qui ont suivi, par le fait, principalement, des nombreux malades mentaux que comptaient les “révolutionnaires”(Robespierre, Fouquier Tinville, Westermann, Carrier et de nombreux autres), restent des crimes, et doivent considérés comme tels. Bâtir une religion “nationale” sur cette imposture, et prétendre que l'on a “inventé” (!!!!!!) les droits de l'homme, alors que, face à l'Angleterre qui a fait passer en actes les principes de la Magna carta (= la Grande Charte), le “Bill of rights”, et autres textes, est stupide.

La Bretagne, quant à elle, possède une authentique monarchie parlementaire déja largement avancée dès le Moyen âge (Planiol, tome 3, page 94; Dupuy, Histoire de la Réunion de la Bretagne à la France, tome 2, page 289; Louis Mélennec, nombreuses chroniques publiées par l'Agence Bretagne Presse). ” Ce système contient en germe TOUTES LES LIBERTES POLITIQUES, qui s'y développent peu à peu d'une manière naturelle”, dit Marcel Planiol, tome 3, page 94). Les lois bretonnes, dès cette époque, SONT DEJA REPUTEES COMME L'OEUVRE DE LA NATION TOUTE ENTIERE (idem, tome 3 page 159; je confirme cette analyse. On ne dira jamais assez l'ampleur du désastre national que fut pour la Bretagne son annexion par le royaume voisin, surtout sous François 1 er et son ministre Duprat, que les historiens français jugent d'une manière plus que sévère.

Grâce aux travaux de Reynald SECHER (qui a été persécuté pour cela, par les adeptes d'une autre doctrine, qui peut revendiquer, elle, plus de 100 millions de victimes) on sait que sur une population totale de 800 000 habitants, la Vendée a vu assassiner 117000 des siens, dont 80 pour 100 de femmes et d'enfants, ce choix judicieux étant destiné à réduire d'autant les possibilités de reproduction de cette vermine (chiffres confirmés ce jour par M. Secher). POUR LA BRETAGNE, le bilan précis des exactions françaises reste encore à faire.

On me dit que le journal l'Express (l'influence du si perspicace M. Barbier, rédacteur en chef, sans doute ?), va créer une bourse d'études pour déterminer le nombre de victimes bretonnes mortes de cette admirable “révolution” (indépendamment, convient-il de le préciser, des 200 000 victimes de la “grande” guerre (!) ), qui n'était certes pas celle de ce peuple épris de paix et de Dignité humaine). (On me précise que M. Barbier est déjà alerté de la présente publication, car il vit dans l'ignorance complète de l'histoire du peuple Breton, infiniment plus ancien que celui dont il se réclame et aspire - je n'en crois rien -, à compléter ses connaissances). Nous n'avons pas encore trouvé notre Reynald SECHER. M. Mélenchon, amoureux de la vérité, ajoutera son obole (Nota: si je suis comptable des dons, son chèque lui sera retourné, illico). L'Académie française sera sollicitée pour enquêter sur la quasi disparition de la langue bretonne. Je me propose, aimablement, de fournir à ses membres - nous sommes voisins, c'est dans la bibliothèque Mazarine, située dans leur Palais, que j'ai effectué mes recherches pendant de si longues année), de leur fournir les indications bibliographiques nécessaires, voire de leur apporter une aide plus concrète, attendu que nombre d'entre eux présentent des troubles de la vue, de l'audition, de l'intelligence, et même de la compréhension.

A mes yeux, LE LAVAGE DES CERVEAUX, instauré par ceux qui se sont proclamés les héritiers de cette période monstrueuse est plus qu'un crime. Ce dont j'apporte un témoignage pour lequel je n'admets AUCUNE réfutation, puisque je l'ai subi dans ma Bretagne natale jusqu'en 1958, et que mes parents et mes grands parents en souffrirent encore plus que moi.

Il est donc vrai qu'on peut commencer à parler de Nation Française, avec toute l'approximation que cela comporte, au seizième siècle, et que le royaume de France est un Etat souverain à partir de cette époque, puisque les rois ont attiré entre leurs mains la presque totalité des prérogatives que nous nommons “régaliennes”.

Voila pour ceux qui attendent depuis quelque temps une analyse précise de ma part, quant à l' “ancienneté” de la nation “France”, dont on leur a appris à l'école - je crois que cette baliverne s'enseigne encore -, qu'elle est l'une des plus anciennes de l'Univers (!!!!). Et dont le général de Gaulle disait qu' “elle vient du fond des âges” (!!!!!!). On n'en voudra pas à ce brave homme, car il aimait avec passion son pays. Le jour ou les Français comprendront que d'autres aiment aussi le leur, on aura fait un grand pas en avant: il semble que depuis quelques années s'est déclenchée une révolution dans nos modes de pensée, que notre manière d'agir redevient conquérante, et que beaucoup admettent que nous ne resterons plus longtemps dans les mêmes frontières. Du temps que nous étions libres, notre horizon était l'Europe: notre flotte, la deuxième du continent, bien plus puissante que celle de la France, commerçait de la Suède à la Sicile (thèse de Henri Touchard, Le commerce maritime breton à la fin du moyen âge, Les Belles Lettres, Paris, 1967, 451 pages). Aujourd'hui, finis les univers mesquins, petits, et menteurs: les Bretons aiment leur pays avec passion, mais aussi tous les pays du monde qui ne leur ont fait aucun mal. Est-ce clair?

Le présent article sera “perfectionné” et “lissé” dans les semaines qui viennent, par quelques conseils de lecture supplémentaires. Les mensonges français sur leurs origines prétendues et sur celles des autres sont en train d'arriver à leur fin. Les Bretons disent: NON, cela suffit.

AVIS IMPORTANT DESTINES A NOS LECTEURS. La disproportion énorme des forces en présence, laisse jusqu'à présent le champ quasi-libre aux médias officiels et subventionnés de diffuser N'IMPORTE QUOI sur l'histoire de la Bretagne, comme sur n'importe quel autre sujet d'ailleurs.

C'est à vous d'inverser ce mouvement , en multipliant ces chroniques par tous les moyens à votre disposition: photocopies, copiés-collés, lettres à vos amis et connaissances, etc. Je vous le répète: votre sort dépend de vous, exclusivement. MERCI, DONC, de vous mettre au travail. Sans cela, AUCUN SALUT. Tout ceci dans le strict cadre des Principes généraux du droit, sans violence, ce qui est toute notre religion. Les principaux: la libre expression de s'exprimer; la totale liberté d'enseigner et de transmettre sa langue et sa culture; la LIBERTE DES PEUPLES A DISPOSER D'EUX MEMES. INTERNET vous permet de renverser le rapport des forces au profit de la vérité. Cessez de pleurnicher, et retroussez vos manches! Pleurnicher n'est pas breton, pas plus que solliciter. Bien sur, vous pouvez commencer à transmettre nos articles aux rédacteurs en chefs des magazines, ainsi qu'aux honorables M.M. Barbier et Mélenchon, sans oublier quelques membres de la respectable Académie sus-citée.

Aux Français qui ont lu cet article, avec effroi - ils sont déja très nombreux -, je vais donner la clé pour comprendre ce qui, pour eux, est incompréhensible …. C'est mon vieil ami Yann BREKILIEN, alors inusable Président des Ecrivains bretons…

 

Dr LOUIS MELENNEC


Louis Melennec est Docteur en droit et en médecine, Diplômé d'études approfondies d'histoire, Diplômé d'études supérieures de droit public, de droit privé, de droit pénal, Ancien chargé de cours des facultés de droit et de médecine, Ex Consultant près le Médiateur de la République Française, Ancien élève de la Sorbonne et de l'Ecole des Chartes de Paris

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Published by F du Fou - dans Documentation
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